A partir du 1 juillet 2010, l’Union européenne introduit un nouveau logo afin de certifier l’origine biologique d’un produit et ce de façon harmonisée pour les différents états membres. L’occasion de revenir sur ce concept qui résonne dans chaque oreille de consommateur plus ou moins averti. Que ce soit pour une tomate ou un gel douche, de nombreux produits sont désormais concernés par le poinçonnage « bio »… alors aujourd’hui ça veut dire quoi manger bio…logique (ou pas)?
En pratique, l’appellation peut-être délivrée à des produits agricoles, d’élevage, cosmétiques ou même textiles. L’absence de pesticides, fongicides ainsi qu’une pratique agricole privilégiant la polyculture sont les fondamentaux de l’agriculture biologique. Or, les choses ne sont pas si claires et la prolifération des labels et autres appellations brouillent parfois le message. Concernant les produits agricoles, 95% des ingrédients doivent être d’origine biologique pour se voir attribuer la mention. Un chiffre identique à respecter pour les cosmétiques même si toutefois le label « Cosmétique écologique » peut être apposé sur le packaging du produit si ce dernier contient au minimum 5% d’ingrédients bio représentant 50% des ingrédients végétaux. De 95% on passe à 5%…
Étymologiquement, « biologique » renvoie à la biologie c’est à dire à la science du vivant. Le mot a pris une nouvelle dimension à partir des années 1920 où quelques agriculteurs et agronomes se sont organisés et ont lancé un mouvement afin de promouvoir l’agriculture biodynamique. Le premier cahier des charges (par Nature et Progrès) est homologué en 1986 par les pouvoirs publics qui déposent leurs propres règles (logo AB) en 1993. Puis l’Europe s’en mêle. L’homologation du premier cahier des charges au niveau européen a lieu en 1991. En 2009, une nouvelle règlementation européenne bouscule les standards nationaux et prend le pas sur eux.
Cette harmonisation est-elle un moyen de pousser plus loin les ambitions de la bio ? Pas si sûr. Pour Nature et Progrès, la nouvelle réglementation européenne entrée en vigueur au 1er janvier 2009 est « une atteinte aux fondamentaux de la bio. En autorisant la possibilité de 0,9% de résidus d’OGM dans l’agriculture bio ou en permettant la mixité des cultures bio et conventionnelle sur une même exploitation, on ouvre la porte à la bio industrielle ».
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