Christian LEDUC - Comment êtes-vous devenu photographe !
Stephan CORPLAY - Pendant mon enfance, je visitais beaucoup les musées. J'ai gardé cet intérêt pour l'art, je m'intéresse à tout : aux objets, aux dessins anciens comme à l'art contemporain. (On notera avec amusement que Stephan CORPLAY n'a pas répondu à la question...)
C.L. - Etes-vous autodidacte ou sortez-vous d'une école photo !
S.C. - Je suis autodidacte ... Au début je m'étais bien renseigné sur d'éventuelles écoles, mais je ne pouvais me les offrir.
C.L. - C'est avant tout l'humain qui est votre moteur !
S.C. - C'est ce qui jalonne mon parcours. Parfois je fais un peu de paysage, mais je ne peux m'empêcher d'y inclure une présence humaine. J'ai beaucoup de mal avec le vide. A cet égard, la photo m'a beaucoup servi.
C.L. - La photo a beaucoup évolué, on pense à l'arrivée du numérique... Quels ont été pour vous les changements les plus importants !
S.C. - Oui, il a ça... Mais ça a changé comme le reste de la société, pas plus.
C.L. - Vos photos ont un style qui est presque une absence de style : une élégance qui ne s'impose pas...
S.C. - le style, je ne sais pas (silence...). Pourtant c'est important d'être reconnu du premier coup. Ce qui m'importe c'est le plaisir de faire des images. Ma seule ambition avouée étant de me faire plaisir et de faire plaisir à ceux qui regardent mes photos. Je cherche avant tout une certaine simplicité, une sorte de langage universel qui ne nécessite pas de grille de lecture complexe pour être compris.
C.L. - Comment fait-on pour durer quand on est photographe indépendant !
S.C. - Je ne me pose pas la question. Il sera difficile d'en savoir plus de la bouche de Stephan CORPLAY le travail l'attend : un portrait d'homme ou les cheveux ont un rôle important. Stephan travaille dans le calme, le dialogue avec le modèle se fait d'une voix douce, les instructions sont précises. Alors que tout le monde s'agite, le photographe reste concentré, totalement focalisé sur ce qu'il fait. Etre réactif, aller à l'essentiel et s'effacer derrière la personne qu'on photographie, ne surtout pas mettre son style en avant. Mais la journée est loin d'être terminée, il reste un second modèle à photographier : des heures de travail intense en perspective...
Son équipement se compose d'un Nikon D80, avec 24-70mm, 18-135mm, 70-200mm et un flash SB 800. Il travaille rarement en RAW, Préférant le JPEG, plus pratique à transmettre.
Propos recueillis par Christian LEDUC