La dernière étude de Jakob Nielsen affirme que l’internaute ne lit pas l’intégralité d’un texte mais se contente de le parcourir.
L’étude est très précise. Les internautes liraient la moitié des informations jusqu’à 111 mots, 20 % du texte d’une page web d’environ 600 mots. Plus le texte est long et plus le score s’effondre, jusqu’à ne lire que 4 % seulement des mots. Qu’on le regrette ou pas, l’internaute privilégie les textes courts.
J’ai lu trois billets de blogueurs concernant cette étude. Le plus petit billet a été rédigé par Francis Pisani, il contient 187 mots. Celui d’Eric Dupin contient 680 mots. Celui de Jean-Marie Le Ray contient 964 mots mais il traite de deux questions voisines dans un même billet.
Mon sentiment : Le billet de Jean-Marie Le Ray m’a paru infiniment long, or il est supérieur à celui d’Eric Dupin de seulement 40 %. Le billet de Francis Pisani contient l’essentiel mais n’a pas retenu mon attention et pourtant il était court ! Trop court ? Je me suis attardé sur celui d’Eric Dupin.
Au-delà de simples calculs arithmétiques, bien d’autres notions interfèrent donc dans l’écriture web.
Tout d’abord et bien évidemment : l’intérêt du sujet aux yeux du lecteur. Sur un texte long, la présence d’un bon titre, d’un chapô explicite sont essentiels. C’est surtout dans les premières lignes que va se décider la lecture approfondie ou le parcours en diagonale du texte. Mais l’usage d’intertitres, de mises en valeur (gras, couleurs, etc.), d’encadrés, encourage aussi la lecture, suscite l’attention du lecteur.
Le volume d’informations disponibles augmente sans arrêt et le lecteur est donc de plus en plus sollicité. Son temps disponible se réduit. Certains rédacteurs se croient obligés de faire long. La valeur d’un écrit ne réside plus dans l’exhaustivité mais dans l’attention qu’il suscite. La lecture sur écran est vraiment très inconfortable, maintenir l’attention est sans doute plus difficile que sur une version papier. De plus, la place disponible est réduite, ce qui contraint la mise en page.
Dans les métiers qui consistent à informer le public, la « littérature » que nous proposons ne provoque pas forcément l’attention. Les contenus que nous délivrons sont à visée pratique et non ludique. Parler santé, prévention ou encore métiers et formations n’est pas forcément ce qu’il y a de plus attrayant.
Il me semble aujourd’hui que nous devons écrire de façon moins linéaire. Pourquoi ne pas imaginer un texte court contenant l’essentiel avec des fenêtres qui s’ouvrent au survol de la souris pour proposer des compléments afin de donner envie au lecteur d’aller plus loin, de compléter ses connaissances. Les nouveaux langages informatiques nous permettent de réaliser cela.
Comment faire court tout en gardant l’indispensable ? Voyez-vous des solutions ?

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