François Bocquet

François Bocquet

Grenoble

,

France

www.aska.fr
“La où il y a une volonté, il y a un chemin :-)”

ENT ou ENT ? :-)

ENT : on voit bien que ce que ca signifie mais l'aviez vous remarqué, au fil du temps le E de ENT s'est transformé d'Environnement en Espace ! Y a t'il un sens caché derrière ce glissement dans l'acronyme ?

Depuis pas mal de temps, je me demande pourquoi le contenu de cet acronyme à changé.

Est ce lié à un point de vue politique comme à l'époque ou les uns parlaient de fossé numérique et les autres de fracture numérique ?

On notera que le changement de majorité gouvernementale a été concomitant à ce changement de vocabulaire.

Je reste attaché au premier terme Environnement plutôt qu'Espace et là encore je me pose des questions. Pourquoi cet attachement à la notion d'Environnement ?

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer la définition d'Espace tirée de Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Espace)

Etymologie: Le mot vient du latin spatium. En ancien et moyen français, espace signifiait plutôt un laps de temps, une durée : le soleil occupait tout l'espace du jour. En général, on parle d'espace pour désigner une certaine distance : l’espace entre deux personnes, ou une certaine surface : ce parc naturel couvre un espace considérable. En Astronomie, "l'espace est l’étendue vide qui sépare les astres. On parle aussi vide spatial. On le qualifie quelques fois d'espace ou de vide interplanétaire, interstellaire (ou intersidéral), intergalactique pour désigner plus précisément le vide spatial qui sépare les planètes, les étoiles ou les galaxies. En réalité, l'espace n'est pas tout à fait vide, il a plutôt une densité extrêmement faible."

Doit-on retenir qu'un Espace Numérique de travail n'est pas tout à fait vide mais qu'il a "seulement" une densité extrêmement faible (d'acteurs, de sens, de contenus ou tout simplement d'usages) ?

Doit-on encore parler d'Espace pour désigner le temps qui nous sépare encore d'un déploiement réel et d'usages, temps où l'on nous parlera d'utilisateurs et non pas de comptes ouverts (même la très sérieuse étude réalisée par la CdC et l'ARF prend comme unité de mesure les comptes créés mais pas les comptes utilisés !).

Notons malgré tout un sens plus positif dans la Théorie de la connaissance où "l’espace est la forme de notre expérience sensible. C’est un milieu idéal, c'est à dire une construction de l’esprit, qui contient nos perceptions et où nous localisons le mouvement et les corps. Dans l’expérience quotidienne, l’espace est homogène, isotrope, continu et illimité."

Pour prolonger cette expérience, retournons donc sur un encyclopédie pour y chercher à connaître les significations cachées du terme Environnement (http://fr.wikipedia.org/wiki/Environnement)

Celui-ci recouvre de nombreuses acceptions.

À l'origine, il s'agit d'un anglicisme signifiant milieu. C'est le milieu dans lequel un être vivant fonctionne, le milieu incluant l'air, l'eau, le sol, les ressources naturelles, la faune, la flore et les êtres humains.

L'environnement est aussi, à un moment donné, l'ensemble des facteurs physiques, chimiques, biologiques et sociaux susceptibles d'avoir un effet direct ou indirect, immédiat et futur sur les êtres vivants et les activités humaines. En réalité, ce terme tend à être perçu très différemment en fonction, en particulier, des catégories socio-professionnelles. Ainsi, un industriel verra dans le terme environnement une référence à « pollution », un cadre pensera plutôt « cadre de vie », un artisan ou commerçant « ville », un agriculteur « voisinage », un employé « nature », une administration « gestion des déchets, nuisances sonores »...

Je m'arrête sur ce dernier point car on voit bien l'ensemble des sens et des réprésentations que chacun peut projeter sur l'environnement numérique. Chacun élève, parent, enseignant technophile ou technophobe, chef d'établissement ou inspecteur aura donc sa propre perception de son environnement numérique. Et SON environnement ne sera pas le-même que celui des autres !

Celà ouvre donc la perspective d'imaginer que chacun a son propre environnement numérique et qu'il ne peut y avoir un environnement unique, ni pour toute une académie, ni même pour tout un établissement. Au mieux, on peut penser que des solutions techniques sont mutualisées pour permettre à chacun de se construire et de s'approprier son propre environnement numérique.

Aujourd'hui la priorité est encore technique et les experts combattent encore sur des enjeux qui n'intéressent de fait pas les usagers : - faut il des socles en J2E ou des socles en .net ? - a norme JSR et le respect des RFC est elle indispensable ? - la collectivité doit-elle inclure dans le calcul de coût complet les financements nécessaires pour garder les configurations matérielles et logicielles à niveau par rapport au choix d'un socle non conforme aux normes du W3C ? - y a t'il une économie réalisée sur la performance pédagogique ou doit je seulement compter les timbres que je ne collerais pas et les appels téléphoniques que je ne passerais pas pour calculer le retour sur investissement d'un ENT?

Mais j'oubliais, toutes ces questions sont bien sûr relatives aux Espaces Numériques de Travail et pas aux Environnements Numériques de Travail !

Demain (ou aprés demain) arrivera le temps des environnements appropriés que chacun saura définir sans faire référence à une seule technique informatique ...

Souhaitons seulement que ce soit pour bientôt !