J’aime tant cette notion d’intelligence collective, elle est du dernier chic.
Ah ! si seulement l’humanité pouvait se prévaloir d’une intelligence collective nous n’en serions pas là !
Et puis d’abord , qu’est-ce que « l’intelligence collective »? Y a-t-il un baromètre qui statue d’un niveau atteint ou non ? Et vers quoi serait-elle tournée cette intelligence collective. Le bien-être Non ! La création de valeur, au final non ! Les grandes avancées sont individuelles. Certes, ces avancées s’appuient sur un ensemble culturel ou historique, mais elles restent et resteront des poussées, des intuitions émergentes dans un océan lui-même brassé par des possibles.
L’intelligence collective chimère humaniste plus qu’une réalité, entend investir le territoire de l’entreprise, via un nouveau concept « la socio performance » ou préférons-lui « la dynamique des réseaux ». Je sais que je viens de me faire quelques inimitiés, mais le sujet vaut bien une messe.
La dynamique des réseaux oui, l’intelligence collective non !
Il suffirait donc de mettre un réseau social, et hop le moteur s’emballe, et au bout de « l’intelligence collective » prête à emploi se met en rayon. Or l’approche est bien plus complexe que cela. Il ne s’agit pas tant de faire émerger une intelligence collective que de redéfinir la place du collaborateur et de son encadrement dans un processus global de valorisation « mutuelle » via la mise en place d’une dynamique sociale interne, qui peut à l’occasion s’appuyer sur la mise en place d’un réseau.
La création de valeur viendra plus de la prise de responsabilité que d’un wiki.
Il ne s’agit pas d’opposer les deux, mais de reconsidérer que la relation «patriarcal » dans l’entreprise vit, j’espère ses dernières heures.
Repenser à mon avis cette dynamique des réseaux, revient à considérer une entreprise non pas en trois dimensions (dirigeant, cadre, collaborateur) mais en quatre : il adjoindre la composante réseau (au sens connectique neuronale du terme).
Un réseau d’entreprise, est par définition un objet en devenir, qui doit d’abord s’inscrire dans sa potentialité et non pas dans un objectif. Quel intérêt de dire : voici le nouvel outil de l’entreprise qui saura grâce,à vous créer de la valeur pour gagner des nouveaux marchés....ouf.
Créer un réseau interne d’amélioration avec un objectif fini, c’est déjà, pour reprendre un mot célèbre: caduque. C’est là ou la notion de dynamique prend tout son sens. Il faut d’abord insuffler cette dynamique de connexion, prendre le risque de voir se dessiner, dans un premier temps, une image protéiforme, ne pas voir exactement ce qui va émerger. Laisser les connexions se faire et se défaire, après le système se stabilisera.
L’entreprise a perdu de sa superbe auprès des collaborateurs. La confiance en ses dirigeants est loin d’être une évidence. Face à une mécanique de productivité et de rentabilité, nécessaire, ce qu’il faut ! recouvrez des espaces de respirations et d’initiatives des collaborateurs. Le réseau participe à cette dynamique, mais il n’est pas à lui tout seul la solution. Le manager doit considérer que lorsque son collaborateur prend du temps sur son « réseau » ce n’est pas du temps perdu, c’est un temps productif, car quand bien même il ne serait pas en relation directe avec l’objet sa tâche, il va créer de la valeur par l’échange «soit informel» soit « direct» avec d’autres membres du réseau.
Car il serait absurde de considérer le collaborateur comme déconnecté, dans ce cas présent, de son environnement.
Cela implique également que la fonction RH soit à l’écoute de ce réseau. Qu’elle sache interpréter et relancer de façon visible des thématiques émergentes, et cela, sur d’autres outils collaboratifs . Aussi paradoxal que cela puisse paraître , le réseau social d’entreprise doit être un espace de «liberté et de parole» du collaborateur. Le laisser souffler.
Ne craignez pas les dérives et autres critiques. D’abord le système s’auto régulera et deuxièmement il y aura là matière à amélioration.
Pour l’entreprise qui aujourd’hui se pose la question de la mise en place d’une dynamique des réseaux, je dirais «installer, laisser prendre sans précipitation, animer, mettez en place au niveau de la RH une fonction propre à cette dynamique.
Un réseau apprend d’abord à se connaître avant de fonctionner.
À méditer
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