L’actualité est parfois facétieuse. Il y a une semaine à peine, la rumeur enflait sur une possible disparition de la terre, engloutie par un trou noir , provoqué dans le LHC du CERN. Ce lundi, c’est à un autre genre de trou noir auquel nous assistions, ébahit que nous étions, devant nos écrans. Des dizaines d’employés de Lehman Brothers quittaient, carton à la main, c’est qui n’était assurément pas un accélérateur de particules, mais un ancien accélérateur de profits devenu hors contrôle. Il emportait avec lui des milliards de dollars et 24 OOO hommes et femmes. Le trou noir des protons , lancés les uns contre les autres , a fait place à celui de la finance internationale. Plus de 150 ans d’histoire évaporée sur l’autel de la spéculation à outrance. En ce jour j’ai une pensée pour celles et ceux qui chez eux se sentent isolés et abandonnés. Pour celles et ceux qui demain feront les frais de cette dérive financière sans moralité.
A l’heure d’un monde2.0 où tout semble se dire et se partager , l’opacité n’a jamais été si flagrante au niveau des institutions et des établissements financiers. Il est légitime pour le collaborateur de connaître la réalité économique de son entreprise, de ne pas découvrir qu’un jour des dizaines de milliards d’euros ont été engagés sur des produits dérivés plus virtuels que le web lui-même.
Ce «lundi noir» ne fait qu’ajouter au déficit de confiance entre le collaborateur et la gouvernance de son entreprise. De même du citoyen vis-à-vis de ses dirigeants. La crise financière qui secoue notre monde était prévisible et annoncée. La purge est nécessaire peut -on entendre, le processus de sélection est en marche. Darwin n’a qu’à bien se tenir. Mais combien de laissés-pour-compte ?
Bien sur , même si pour Alan Greenspan, «c’est une crise sans précédent depuis un siècle», le monde s’en relèvera, il y mettra le temps, mais les dégâts ne seront pas que collatéraux.
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