Un article publié hier sur le site Branchez-Vous rapportait une nouvelle parue sur NouvelObs.com qui mentionne que les « pirates » sont de plus grands acheteurs de musique que ceux qui ne le sont pas. Selon l’enquête citée, pendant une période de 6 mois, les 15-20 ans qui téléchargent de la musique ont acheté en moyenne à 75 reprises contre 7 fois seulement pour ceux qui ne téléchargent pas. La conclusion des responsables de cette étude est donc que la volonté de payer est bien réelle et qu’une plus grande utilisation des nouveaux médias par l’industrie musicale pourrait être profitable pour tous.
Avec la condamnation la semaine dernière des deux cofondateurs de Pirate Bay, le populaire site de téléchargement poste-à-poste (P2P), on remarque une réelle intention de faire mal aux pirates. Mais il faut se poser la question suivante : est-ce que cela donne vraiment quelque chose ? Au début des années 2000, le site Napster qui a été le précurseur dans l’échange de fichiers MP3 a été poursuivi par l’étiquette A&M Records et leur condamnation les a obligé à interrompre leur service en juillet 2001. Près de huit ans plus tard, où en sommes-nous ? Au même point. Fermez un site et quatre autres ouvrent.
Les artistes indépendants ont généralement toujours été bien heureux de se faire connaître auprès d’un plus grand marché en distribuant gratuitement leur musique sur ces réseaux. Et il est bien possible de croire qu’il en demeurera ainsi. Il est très simple de faire sa promotion sur ces sites en mettant dans le titre du fichier MP3 le nom d’un artiste populaire similaire. En cherchant pour cet artiste, l’utilisateur tombera également sur l’artiste indépendant. La visibilité qu’apporte cette technique est sans contredit plus rentable que n’importe quelle publicité dans les médias.
La technologie est rendue à un point où il n’est plus possible de contrôler la distribution. Alors il faut contrôler ce qui est possible d’être contrôlé.
Ce contrôle passe par l’accès. L’accès à du contenu de qualité, l’accès à du contenu exclusif, l’accès à du contenu accessible en tout temps et rapidement. Il est donc impératif que les créateurs cessent de se battre contre une machine devenue trop grosse et se penchent plutôt sur les façons de rentabiliser leur art.
Je suis depuis longtemps d’avis que de vendre des chansons à 0,10$, 0,20$ ou 0,25$ pourrait, sur le volume total, être tout aussi rentable. Car les internautes ne perdront pas de temps à télécharger une version de piètre qualité sur un site P2P. S’ils peuvent avoir accès à une chanson à seulement 0,20$, téléchargeable facilement en quelques secondes, je peux vous garantir que la question du téléchargement illégal ne se posera plus.
Alors allons-nous voir la fin du piratage ? Non. À moins que l’offre ne soit plus intéressante au final que celle du téléchargement illégal…
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