Olivier Sedille
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Olivier Sedille

Homme, 25 ans,

Paris

,

France

 

Revue de livres #5


Chose promise, chose due… J’ai tenu mon pari (enfin presque car il a subi quelques ajustements), voici les bouquins de la semaine.

Je ne parlerai pas du Bobin qui m’a été assez pénible. l’histoire est certes plutôt pas mal mais le rythme des phrases m’a vite engourdi. C’est un comble pour un ouvrage appelé “A folle allure” C’est saccadé, un peu comme quand vous entendez Emmanuel Chain parler: les phrases sont hachées et ça engendre chez moi une topeur qui ne facilite pas la compréhension. Comme le livre m’a un peu ennuyé, je ne vais pas en faire autant avec vous…
Je vais pas parler non plus de L’amour fou de Breton puisque comme le souligait Ariane en commentaire la dernière fois, c’est “bretonnien”, je ne saurais même pas par où commencer pour décrire ce livre, du coup, je ne le fais pas…Oui, c’est de la flème…

Autre déception (mais très légère) c’est La bonté mode d’emploi de Hornby. Pour la petite histoire, j’ai lu tous les autres bouquins de ce brave Nick hormis celui-ci. Je croyais pour le coup qu’il état nouveau… Eh bien non, c’était une réédition de mes Editions 10/18 adorées qui font tant pour la littérature étrangère… L’histoire est comique : La narratrice nous raconte comment son époux aigri qu’elle est sur le point de quitter devient du jour au lendemain un bon samaritain (encore plus insupportable) et installe son gourou-guérisseur à la maison… C’est drôle mais 3 petits points négatifs:

  • La scène se déroule en Angleterre alors que j’aime Hornby pour ses bouquins qui nous parlent de Côte Ouest amércaine et de rock, une ambiance qu’il connaît bien mieux que les maisons bourgeoises des banlieues anglaises
  • Ecrire comme une femme, quand on est un homme sonne parfois faux (alors que les femmes font bien l’inverse, allez savoir pourquoi….)
  • Un dernier point qui est à la fois la faute de l’auteur et de l’imprimeur: les dialogues sont sans cesse ponctués par les penées de l’héroïne qui cassent le rytme des joutes verbales plutôt réussies au demeurant. C’est déstabilisant quand on en vient à se demander si telle phrase est ce qu’elle dit ou un de ses commentaires… L’impression en très petit et avec des micro-marges n’aide pas (et ça m’a fait fendre le thermocollage de mes pages à force de plier sur la reliure pour voir les lettres qui se cachaient au milieu et j’aime pas ça)

En somme, un bon divertissement mais le moins bon de cet auteur

Parlons plutôt du coup de coeur par Yourcenar ! Quand j’étais au lycée, j’avais dévoré les Mémoires d’Hadrien. J’avais trouvé le livre fascinant, c’était ce que je lisais entre les épreuves du bac alors je m’en souviendrais toujours je pense… J’avais donc parcouru par la suite avec moins d’enthousiasme L’OEuvre au Noir, puis avais découvert une toute autre Marguerite (oui ça aurait pû être une bonne copine, j’ai toujours révé de la rencontrer mais elle est morte quand j’avais 5 ans et à l’époque, j’aurais sans douté préféré un concert de Dorothée) dans les Nouvelles Orientales. C’est cette Marguerite là qui a écrit Conte Bleu. On retrouve dans cette dizaine de pages le même souffle chaud, le même univers lumineux, riche, opulent. une véritable fanfare de couleurs. Certes l’histoire (plutôt macabre) du Conte bleu ne sert strictement à rien, mais j’ai craqué sur ce bouquin que je vous recommande de lire à haute voix (j’ai fait l’essai à la seconde lecture). J’ai même voulu en refaire une troisième vite fait pour compter le nombre de fois qu’apparaissait le mot bleu mais j’avais d’autres bouquins à lire donc je me suis abstenu.
En résumé, c’est très beau, très bleu, il n’y a pas d’histoire mais j’ai craqué!

Le changement de programme, c’était Coe: non, je n’ai pas attaqué Les nains de la mort pour la bonne et simple raison que j’ai préféré un autre livre du même auteur. Comme j’achète les bouquins au gros, j’en avais un autre qui trainait: Le Cercle fermé. Et je me suis plongé dedans car il s’agit de la suite de Bienvenue au Club dont j’avais déjà parlé . Et c’est beaucoup mieux. Les personnages ont vieilli, leurs caractères se sont affirmés et leurs destins continuent de se croiser. Nous voilà dans les années 2000 soit une vingtaine d’années après le premier opus. De bien meilleures intrigues dans le monde politique et industriel de l’Angleterre de Tony Blair: les personnages sont sortis des cours de récré et c’est très bien. Les amis ‘et ennemis) du collège de Birmingham sont dorénavant politiciens, journalistes, scientifiques, comptables etc. et tous courent après le succès et leur passé… Des intrigues bien plus abouties que dans le premier, on a même droit à un mini polar dans le livre et des personnages bien plus intéressants que dans le précédent; un très bon rattrapage!

Patrick Mondiano n’est pas un comique; il a eu une enfance triste et ça se sent dans La Petite Bijou… Pour la critique (et le résumé), j’en ai trouvé une très belle ici, je vous laisse donc la découvrir. Ce n’est pas la peine de faire double emploi. Maintenant que je suis débarrassé de la corvée du résumé, je peux faire l’essentiel: donner mon avis. La belle littérature française, c’est souvent comme le bon cinéma français : soit c’est une comédie romantique comme on sait les faire, soit c’est un drame psychologique… Et Mondiano, c’est pas la première solution! Le livre est très bien écrit, des méthaphores subtiles et bien choisies, et pourtant, ça avait tout pour me déplaire: c’est larmoyant, lent, mélancolique, bref “prise de tête” mais Mondiano réussit à éviter tous les écueils et en faire une histoire douce, qui remonte le temps simplement. Rien de surfait, rien de totalement transparent non plus. Thérèse nous raconte sa vie reculons de façon discrète, presque comme si elle avait peur de nous déranger. C’est intimiste et très mignon. C’est comme un bon film français, mais sur papier… un livre qui a du charme.

J’étais plutôt donc bien servi pour ce retour à la lecture. La prochaine fois, sur les bons conseils de Yokai, ce sera La Caverne des idées de Jose Carlos Somoza et quelques autres (d’ailleurs, je suis toujours open pour des auteurs Sud-Américains ou n’importe quoi dautre que vous pourriez recommander)