François Lamotte

François Lamotte

Brussels

-

Belgique

- Homme
shoob.tumblr.com
“What you see is what you get!”

Daniel dans la fosse aux lions

Il y a des choses dans la vie réelle qui m’horripilent prodigieusement…Trois en particulier:Le casse -tête chinois, le Rubik’s cube et le supplice du “Disque de l’île déserte”…
Franchement,lorsqu’on vous demande la liste des dix disques que vous emporteriez sur une île déserte, avec, et c’est vicieux ça, la contrainte de répondre dans la minute…Cela vous laisse de marbre?
Moi, cela m’embarrasse, m’embrouille, et je garde un profond sentiment de malaise, suivi plus tard d’une sensation de culpabilité vis à vis des galettes oubliées dans l’intensité insoutenable du moment.
Un peu de pragmatisme ensuite me fait penser que, tout compte fait, se retrouver seul sur une île déserte, c’est aussi avoir des besoins plus pressants que de trouver du 220V pour sa platine!
Et puis , il y a île et île hein?
Vous avez déjà amarré un “Zodiac”, en plein mois de mars, la goutte au nez et les doigts gelés, au ponton d’un îlot breton?
Là , on pense à un “Trimartolod” de Stivell…Et au “Chouchen” qui précédera la crêpe du soir.
Les îles des Caraïbes ne se conçoivent qu’avec un vrai reggae du cru, au tempo lascif et crapuleux…Quant aux Maldives et autre Mer Rouge…”Pilots” de Goldfrapp ou “Slip into….” de Kinobe suffisent à vous rendre béat de bonheur, les doigts de pieds en éventail, sur le “Sundeck” du rafiot qui accoste…l’Ipod dans une main , l’écran total dans l’autre…
Bref , tout ça pour vous dire que le contexte d’écoute est fondamental.

Plaignez vous, j’avais d’abord pensé à “Oh mon bateau” d’Eric Morena!

Il y a toutefois un disque que je n’hésiterai jamais à nommer, que j’emmènerais aussi bien aux Seychelles qu’aux Kerguelen; à Saint Pierre et Miquelon qu’aux Tuamotu…C’est “From the lions mouth” de The Sound (1981).

Les albums qui dégagent autant de vérité , de sensibilité sont si rares.
Ecouté avec le coeur et les tripes, un album pareil fait office d’une véritable cure de Prozac tant il vous donne l’impression de plonger au creux d’une vague, avec la furieuse envie d’y survivre…
Peu de “Chi chi” , rien que du “Vrai”…Dans les textes , dans la voix , dans les sons…
Certes, une chanson comme “Silent Air” aurait pu, dans les mains de U2 par exemple,se transformer en hit planétaire, mais cela l’aurait été au prix d’une grandiloquence surajoutée , bref, d’une prétention de mauvais gout…Pas d’esbrouffe donc…Que du naturel, à la fois rustique et attendrissant.Un disque qui ne triche pas, peu subtil…Mais dense.
Evidemment vous savez ce qu’il en est de la sincérité (La vraie, celle qui vient de la sueur et des tripes)
Inutile de vous ressortir le sempiternel couplet ringard du poète maudit.
Je passe donc le chapitre pontifiant du groupe “Pas mal” mais resté simplement “Culte”.
Adrian Borland, le leader, s’est suicidé en 1999, Beaucoup d’entre nous furent réellement tristes en l’apprenant…Un an plus tard.
L’histoire du Rock a beau être parsemée de scénarii similaires, c’est moche pour un personnage aussi sincère et qui donnait autant.
Ceci dit , il est probable que vous trouviez cela banal…Mais il est des albums qui apparaissent au moment où a besoin d’eux…Une certaine alchimie se crée…Il y a des rencontres qui ne s’expliquent pas…
Et c’est tant mieux.
Il semblerait donc qu’il existe des disques aux vertus thérapeutiques qui , à la longue deviennent, en quelque sorte,de vrais amis.

Winning - The Sound

Quelques paroles…Au hasard…
When you’re on the bottom
You crawl back to the top
Something pulls you up
And a voice says you can’t stop

(Winning)

Are we where we want to be?
All wrapped up in our safety
Comfort and complacency
It hurts me it hurts me

(Sense of purpose)

You showed me that silence
That haunts this troubled world
You showed me that silence
Can speak louder than words

(Silent air)

On se quitte avec “Silent Air”…Bonsoir à tous…