La chanson française est très peu souvent citée dans nos papiers (du moins pour en dire du bien), il me fallait donc réparer ça en apportant une petite page à l’édifice. Voici un article un brin plus dense que d’habitude. Amis de l’électro, restez quand même ! Peut-être cela vous donnera-t-il l’envie d’aller jeter une oreille gourmande sur La Varda, Debout sur le Zinc, la Rue Kétanou, Karpatt, Les Petites Bourrettes, Le chien d’en face... Si ces noms bigarrés ne vous sonnent pas à l’oreille, c’est que vous êtes passés à côté d’une galaxie entière que j’essaierai de vous faire découvrir sans assécher la liste.
Aujourd’hui, il doit exister plusieurs centaines de ces groupes, que l’on n’entend malheureusement presque qu’en France. Historiquement parlant, le style plonge ses racines dans un passé aussi lointain qu’on l’a oublié, mais c’est à la lignée de Matmatah et de Louise Attaque que je raccrocherais tous ces groupes. Au début des années 90 (encore elles), une folk attitude a (re)vu le jour ; d’abord bretonneuse, elle a contaminé tout l’Hexagone sur un rythme souvent résumé abusivement à poum-tchak-poum-tchak. On a ressorti l’accordéon, le violon et la guimbarde, la basse-poubelle et la planche à laver, on a redécouvert la musique manouche et le rythme à trois temps, l’héritage de Brassens et Django Reinhardt. Plus loin à l’Est mais presque au même moment, l’effondrement du Bloc soviétique a laissé s’échapper des filets de musique traditionnelle de Pologne, des Balkans, de Russie. Ces deux mouvements mis ensemble ont donné naissance à la musique festive. Ça se traduit sur scène par de multi-instrumentistes souvent virtuoses qui mélangent musique et théâtre de rue, souvent engagés à gauche même si le style prolétaire est parfois un peu chiqué.
Et pour faire bonne mesure, en pensant à Benjamin, ces petits gars traînent presque toujours une boîte de pinceaux ou une illustratrice dans leurs bagages. De chouettes pochettes égayent un CD auto-produit, généralement en vente sur le lieu des concerts.
Ne les cherchez pas sur les affiches des gros festivals, ils ne sont généralement conviés qu’à Namur en Mai, Esperanzah ! ou à Couleur Café ; quoi de plus normal, au fond ? Eux qui aiment souvent finir la soirée en acoustique dans les rangs du public, on les imagine mal à Werchter. Il y a quelques années s’est tenu deux fois chez nous le festival “l’ouïe qui danse“, changeant d’adresse à chaque édition (toujours le côté bohème) : une petite partie de ce qui se faisait de mieux en France s’y produisait entre les étals d’un marché de terroir et un stand Amnesty International. Disparu après la deuxième édition, L’ouïe qui danse a laissé un vide, malgré un succès certain. Nous n’avons en effet pas à rougir de notre Fanfare du Belgistan, du Commando Fête, de Camping Sauvach’ ou des époustouflants Klezmic Cirkus. A écouter autour d’un vin de fruits, un soir d’été, sous un tilleul aux lampions. Comme on se rapproche de Noël, je vous propose de vous laisser avec quelques morceaux choisis parmi une myriade de possibilités, au risque de brûler plusieurs cartouches en une fois. Mais foin d’avarice, je vous avais dit que le filon est gigantesque !
PS : Pour ceux qui ont tenu courageusement jusqu’en bas de l’article, et qui sont fermement décidés à aller voir de leur propres oreilles, il y a quand même quelques concerts à se mettre sous la dent en Belgique. Petit agenda sans doute non exhaustif:
Les Blérots d’R.A.V.E.L. seront à Namur le 28 juin à 17h au Verdur Rock (Citadelle), concert gratuit avant Hooverphonic notamment. Sanseverino sera à Dinant, dans le cadre du festival de Jazz (dans la ville du saxo :D) le 18 juillet à 22h, 35 € le pass d’un jour. Les plus fauchés se rabattront le même soir sur Commando Fête (déjà à Couleur Café le 29 juin) qui jouera sur une péniche entre 18 et 21h, dans le cadre du plutôt sélect et classique Eté Mosan. La Varda sera le 14 août à Oostende au festival gratuit Paulus Feesten -une alternative salutaire à la plage. Et enfin les régionaux de l’étape, Klezmic Zirkus, à voir le 9 septembre au gentiment bobo “Temps des Pommes” à Beauvechain, pour 10 €.
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